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Un buffet pour les loups ?

23 janvier 2022
MUSE

Le rôle des sites d’alimentation artificiels pour les ongulés sauvages dans la dynamique prédateur-proie dans le Val di Fassa (Trentin).

L’étude sur la dynamique proies-prédateurs dans les sites d’alimentation artificielle pour les ongulés sauvages dans le Val di Fassa (province de Trento) vient de commencer. Il s’agit de l’une des actions incluses dans l’accord de collaboration entre MUSE et l’Associazione Cacciatori Trentini (ACT), la principale association de chasse locale, dans le cadre du programme de gestion de l’UE LWA. Ce programme encourage et gère la co-planification et la mise en œuvre d’actions concrètes développées avec les parties prenantes (Stewards) qui décident de prendre une part active dans la conservation et la gestion du loup dans les Alpes.

L’idée est née d’un intérêt particulier de l’ACT, suite aux nombreuses prédations sur les ongulés sauvages, en particulier les mouflons, mais aussi les cerfs et les chevreuils, enregistrées ces dernières années à proximité immédiate des sites d’alimentation artificielle. Ces mangeoires, réparties le long de toute la vallée, sont chargées de foin par les chasseurs pendant les mois d’hiver, dans le but d’augmenter la survie des ongulés sauvages dans la période la plus sévère de l’année (veuillez noter que dans la province de Trente, cette pratique est autorisée et réglementée par la résolution du gouvernement provincial n° 2852 du 30 décembre 2013 concernant les structures artificielles pour la recherche de nourriture de la faune sauvage). Avec le retour du loup, cependant, l’agrégation d’ongulés autour des mangeoires pourrait créer un véritable buffet pour le prédateur, en particulier lors d’hivers très enneigés et froids. Cela semble particulièrement évident pour le mouflon, une espèce non indigène introduite dans la province à des fins de chasse à partir des années 70. Originaire de zones dépourvues de grands prédateurs, l’espèce ne présente pas de comportements anti-prédateurs. De plus, en hiver, il a tendance à se rassembler en grand nombre sur les sites de recherche de nourriture, ce qui en fait une proie facile pour le loup, surtout lorsque la neige est particulièrement haute.

L’objectif de l’étude est de fournir un aperçu de la dynamique de la prédation par le loup dans une zone où les sites d’alimentation artificielle sont nombreux et qui abrite la plus grande population de mouflons de la province.

Un buffet pour les loups ? - Life Wolfalps EU
A gauche : un groupe d’environ 30 mouflons photographiés à quelques mètres d’un grand site de nourrissage artificiel dans le Val di Fassa en janvier 2021. A droite : le crâne d’une femelle mouflon récemment prédatée par des loups et trouvée à proximité du même site de nourrissage en février 2021. Photo : G. Bombieri.

Les sites étudiés feront l’objet d’un suivi systématique et intensif entre janvier et mars 2022 par le personnel du MUSE (section zoologie des vertébrés) et de l’ACT, avec le soutien du personnel du corps forestier de la province autonome de Trente et des gardes forestiers, grâce à l’utilisation de pièges photographiques et à des inspections directes pour enregistrer les éventuels signes et prédations du loup.

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L’un des sites d’alimentation artificielle qui sera surveillé par des pièges à caméra et des inspections visuelles directes entre janvier et mars 2022. Photo : G. Bombieri.